La Bataille de Constantine 1836-1837
La Bataille de Constantine 1836-1837
Par Abdelkrim Badjadja
Avant-propos Le Beylik de Constantine était la région la plus vaste, la plus peuplée, et surtout la plus riche de l’Algérie. Pour le gouvernement français, il était impossible d’étendre et de développer la colonisation en Algérie sans le Constantinois, et pour ce faire la prise de Constantine devenait une nécessite. Dès 1827 Constantine occupait une place particulière dans le projet d’invasion coloniale (1). Habituée aux euphémismes, l’Historiographie coloniale avait qualifié les deux sièges, de Constantine, de « Première » et « Deuxième expédition de Constantine ». Cette manière de présenter les évènements occulte l’existence d’une armée adverse, l’armée constantinoise sous le commandement de Hadj Ahmed Bey, passe sous silence les actes de bravoure et la résistance acharnée des Algériens face aux armées d’invasion, et minimise l’engagement populaire dans les combats de rue à Constantine. Aussi, ce livre a essentiellement pour but de démontrer qu’il y a bel et bien eu une « bataille » à Constantine, qui a opposé d’abord deux armées, chacune avec ses effectifs de cavaliers et de fantassins, son réseau d’agents de renseignements, sa stratégie et ses tactiques, et qui s’est prolongée ensuite dans les rues de Constantine avec la participation de la population : des hommes, des femmes et même parfois des enfants. Notre démonstration s’appuiera, bien entendu, sur la description des évènements dans leur déroulement chronologique, en les situant dans l’espace constantinois, mais fera aussi appel aux témoignages au 3e degré légués à la tradition orale, tout en s’efforçant de présenter les principaux protagonistes de cette bataille sous un éclairage nouveau. Notre étude se veut surtout une contribution à l’étude de l’Histoire Militaire du Maghreb, le professeur Abdeljlil TEMIMI, ayant largement traité des questions politiques économiques et sociales dans sa thèse (2). ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––– 1- Archives Vincennes, H1, Correspondances antérieures à 1830, dossier 4/ 1827 : “Rapport du Marquis de Clermont Tonnerre, Ministre de la Guerre, sur une expédition à Alger. Motifs justifiant l’expédition. Nécessité de débarquer une armée disposant de deux mois de subsistance. Après Alger, il faudra prendre Bône et Oran, mais Constantine nécessitera une expédition (14 Octobre 1827)”. 2- Abdeljelil TEMIMI, Le Beylik de Constantine et Hadj Ahmed Bey (1830 - 1837), R.H.M. vol 1, Tunis, 1978, 304 P., 24 planches h.t. 36 documents inédits. 1- Constantine à l’époque de Hadj Ahmed Bey J’avoue honnêtement ma surprise de constater que la toponymie de Constantine à l’époque de Hadj Ahmed Bey, et même avant, est toujours en vigueur aujourd’hui, la mémoire constantinoise étant réfractaire aux changements d’appellation opérés durant la période coloniale et après l’Indépendance. Les environs du Rocher de Constantine: Coudiat Aty (du nom d’un marabout qui y est enterré face à l’Académie actuelle), Bardo (écuries du Bey), Stah El Mansourah (inhabité), Sidi Mabrouk (du nom d’un marabout qui y était enterré, on y trouvait quelques maisons de bourgeois), El Msalla (nécropole antique, vaste champ de prières collectives lors des fêtes de l’Aïd El Adha et l’Aïd El Fitr, El Msalla se trouvait à l’emplacement actuel du stade Benabdelmalek et de Bellevue), Oued Rummel, Aouinet El Foul, Djenane Tchina, Djenane Ez-Zitoune, Er Rimiss, pentes menant de Bab El Djabia au Bardo (du nom d’une tribu qui campait en ces lieux depuis des tems immémoriaux), Sidi M’cid (le Djebel culminant au dessus de l'hôpital), Sidi Mimoun (chapelle d’eau sur la route menant à la piscine, sanctuaire punique où se pratiquent depuis plus de 2.000 ans des cérémonies d’offrandes). Les pricipales portes de la ville : Bab El Djedid (hauteur Agence Banque Centrale), Bab El Oued (hauteur Grande Poste), Bab El Djabia (entrée Souika avant le pont de Sidi Rached), Bab El Kantara (au niveau du pont du même nom). Les principaux quartiers (voir carte jointe) : Quartier résidentiel bourgeois dans la partie haute du Rocher : Tabia, Casbah, Souk El Djemâa, Souk El Acer. - Quartier commerçant dans la partie centrale du Rocher : Rahbat El Djamal, El Moukof, Souk El Ghezel, Souk El Blate, Souk El Tedjar, Rahbat Souf, Charaâ. - Quartier résidentiel populaire dans la partie basse du Rocher : Bab El Djabia, Kouchet Ez Ziat, Sidi Rached, El Batha, Ech Chott, Mila Seghira, Arbain Cherif, Bab El Kantara. Les principales mosquées : Grande mosquée (1136) ; Zaouia de Sidi Tlemcani (1535), rasée après 1837 et remplacée par la synagogue ; Djemaâ Rahbat Souf (1670) ; Djemaâ Souk El Ghezel (1730) ; Djemaâ Sidi Lakhdar (1743) ; Djemaâ Sidi El Kettani (1776). Les sites stratégiques : les quatre portes de la ville, la caserne des janissaires (emplacement du théâtre actuel), le Palais du Bey Ahmed, la Casbah, citadelle militaire depuis l’époque numide, puis hors du Rocher, Coudiat Aty et Stah El Mansourah. Plan de Constantine en 1837 (Voir album photo) 2- Les différentes corporations de métiers à Constantine Toutes les professions exercées à Constantine étaient regroupées en corporation qui alignaient leurs boutiques et échoppes au Souk Et Tedjar, qui s’étendait de Bab El Oued à Rahbat Souf, en passant par El Moukof, puis El Djezzarine (par le haut), et R’sif (par le bas). Voici ces métiers présentés dans l’ordre à partir de Bab El Oued : El Attari’ne (Droguistes), Es Serradjine (Selliers), Es Sebbaghine (Teinturiers). Puis, la rue principale « Souk Et Tedjar » se scinde en deux voies pour rejoindre « Rahbat Souf ». Par le haut : El Kherrazi’ne (Cordonniers), Souk El Khelk (Marché d’étoffes et divers), El Haddadine (Forgerons), Souk El Kebir (grand Bazar), Rahbat Es Souf. Par le bas : El Gherabline (Tamis), El Kezadrine (Chaudronniers), En Nedjarine (Menuisiers), Er Rekkakine (Parchemineurs). Entre les deux voies, dans les rues transversales ou parallèles : Chebarlyine (chaussures de femmes), El Khezzazine (Passementiers), Es Sagha (Bijoutiers), El Braddaine (Bâts de mulets), El-Khedarine (Marchands de fruits et légumes), El-Djezarine (Bouchers). Tous les artisans, commerçants, ainsi que les cafés étaient concentrés dans le quartier « Souk Et-Tedjar », qui partait de Bab El Oued pour aboutir à Rahbat Es-Souf. Dans ce quartier, pas d’habitation. Les autres quartiers de la ville (Tabia, Casbah, Bab El Djabia, Sidi Djelis, Bab El Kantara...) servaient essentiellement de zones de résidence. Seules, quelques mosquées et des hammam avaient le caractère de lieux publics. Cette organisation permettait aux habitants de séparer les lieux de travail des lieux de repos. Les étrangers de passage à Constantine, résident dans les Fondouk (Hôtels) ou dans les Bains Maures. Il en était de même pour les célibataires sans logement. Dans les échoppes de certains artisans, particulièrement les cordonniers, on trouve des cages de rossignols, et parfois un luth, car les artisans sont souvent des amateurs de musique andalouse. Le barbier (coiffeur): Son établissement est un lieu public, où s’échangent les nouvelles. Il rase les crânes soigneusement, puis met de l’huile. Il joue aussi le rôle de médecin en pratiquant la circoncision des enfants. Ventes publiques (Enchères): probablement à Souk El-Acer, de 1 heure à 3 heures, chaque après midi. On y vend aux enchères toutes sortes de marchandises, et notamment des effets vestimentaires. C’est un lieu de distraction pour les désoeuvrés. La vente cesse dès l’annonce de la prière d’El Açeur, d’où l’appelation de « Souk El Aceur ». La monnaie : Le Beylik utilisait, pour frapper la monnaie, l’or qui provenait du Sahara, et l’argent extrait des mines se trouvant sur le territoire des Haracta, au Djebel Sidi R’Gheis. Les monnaies les plus couramment utilisées étaient : - le Rial (Boudjou) en argent : 1,80 Fr. (en 1831) ; - le Mahboub en or : 3 Rials ; - le Soltani en or : 4 à 5 Rials ; - Khamsa Draham en cuivre : fraction de Rial ; - Zouj Draham Seghar en cuivre, fraction de Rial. Quelques prix pratiqués à Constantine en 1830: - Impôt Hockor : 12 Rials par Djebda (10 à 15ha) ; - Une charge de blé : 2 Rials (a grimpé à 14 Rials en 1837) ; - Une vache grasse : 14 Rials (a grimpé à 40 Rials en 1837) ; - Dot de mariage : entre 50 et 100 Rials. 3- Scènes de la vie quotidienne à Constantine en 1830-1837 Si dans les Tribus, on offrait aux voyageurs de passage de la galette et du leben, l’eau était une denrée précieuse à Constantine. Les familles riches disposaient de puits à l’intérieur des maisons. Les autres étaient obligées d’aller la chercher à l’oued Rummel, ou de l’acheter aux porteurs d’eau. Afin d’augmenter les ressources en eau de Constantine, le Bey fit construire hors de la ville un canal de 24 pieds de largeur, et de 26 pieds de profondeur. Mais pour leurs propres besoins, les Beys envoyaient puiser leur eau à « El Bey » (à proximité de l’aéroport actuel), réputée pour être la meilleure source de la région, d’où son nom : « Aïn el Bey ». La ville était approvisionnée régulièrement par les tribus environnantes en bois, charbon, oeufs, poules, céréales, fruits, légumes, huile, ovins, olives, laine, bois de constructions, etc... L’alimentation : Consommation de mouton, agneau, volaille, peu de poisson, très peu de bovin ; Consommation aussi d’oignons, piments, fèves, concombres, melons, pastèques, etc... provenant des jardins du Hamma, ainsi que d’autres produits et fruits : oliviers, figuiers, grenadiers, orangers, vigne, figues de barbarie... Céréales en abondance, le meilleur grain provient des Haracta et des Eulma. Utilisation des silos pour la conservation de longue durée, et des moulins pour le moudre. Il existait des moulins à grain : 8 moulins à manège (tournant avec des bêtes de somme) en ville, 13 moulins à eau à Sidi Meimoun, et 12 moulins au Hamma.. - Préparation à la maison de la semoule, du couscous, du pain. Le meilleur couscous est fabriqué à Mila. - On cultive aussi du riz au Hamma, culture introduite par les Turcs. - La viande est souvent séchée pour la conservation à long terme. - Sucreries : zlabia, gâteaux divers, confitures... - Boissons : du lait frais, du leben, de l’eau dans des outres goudronnées, sorbets (eau sucrée parfumée avec un jus d’orange ou de citron). Des cafés publics existaient à Constantine. Le plus souvent, les clients étaient assis sur des nattes, et sirotaient du café “Djezoua” en fumant une longue pipe, en jouant à la Kherbga, ou en écoutant des contes débités par un conteur. Les clients pressés buvaient du café “Borma”. Dans certains cafés réputés, un petit orchestre jouait de la musique andalouse au fond de la salle, avec comme instruments de musique: El Aoud (le luth), la Kouitra (guitare), le Rbab à deux cordes, la Kamendja à quatre cordes (violon), le Djaouak à 7 trous, le Tar, Derbouka,... Il arrive souvent que, dans un café, un client paie le prix d’une outre d’eau proposée par un porteur, en invitant ce dernier à la distribuer à l’assistance « Hassana ». La consommation du vin était strictement interdite à l’époque de Hadj Ahmed Bey. Seuls les juifs fabriquaient le vin clandestinement pour le vendre aux amateurs. En cas de découverte, le musulman reçoit 500 coups de bâton sur la plante des pieds. Quant au juif, il est condamné à mort, et exécuté sur la place publique, hors de la ville, sauf versement d'un impôt par sa communauté religieuse. Les bonnes manières : Ce sont toujours les personnalités importantes qui prennent l’initiative de saluer en premier leurs subordonnés. Ainsi, le Bey se fait précéder par deux chaouchs qui prononcent en son nom le rituel “Salam Alaikoum ». A chaque geste de la vie quotidienne, on s’empresse de proclamer une formule de civilité après avoir bu, mangé, dormi, après le rasage, le bain, etc... Un grand respect est témoigné envers la vieillesse. Pour marquer le respect dû à un marabout ou à un cheikh important, on l’embrasse sur la tête, ou alors on baise un pan de son burnous. Lorsqu’une altercation surgit entre deux hommes dans la rue, le premier des passants intervient pour les séparer, en leur rappelant tout simplement qu’il ne convient pas que des musulmans se comportent ainsi. Généralement, cela suffit amplement pour réconcilier les protagonistes, qui reconnaissent mutuellement leurs torts. Si cette intervention ne suffit pas, l’affaire est portée devant le Caïd Dar qui ordonne de bastonner celui qui est reconnu comme fautif. En cas de conflit grave se terminant par mort d’hommes, le litige est porté à la connaissance du Bey, qui prononce un arrêt de mort, exécutoire immédiatement. Mais, il arrive souvent que le coupable se réfugie chez Cheikh El Islam pour échapper à la sentence du Bey. Dans ce cas, l’homme est assuré d’être en sécurité. Quelques jours après, Cheikh El Islam intercède en sa faveur auprès du Bey. En cas d’échec, le coupable se réfugie de mosquée en mosquée, nourri constamment par ses proches, jusqu’à ce qu’il quitte définitivement la région. Les Derviches : Marabouts vagabonds, vivant en plein air, sales, pleins de poux, cheveux longs, et pourtant craints et respectés par la population. Même le Bey les respecte, la preuve en est qu’ils sont les seuls en ville à pouvoir insulter publiquement le Bey sans crainte d’être maltraités. Le Beylik pourvoit annuellement à leur habillement (burnous et gandoura). La population quant à elle assure gratuitement leur subsistance. Les femmes qui ont des problèmes viennent souvent les consulter, tout au moins pour bénéficier de la Baraka qu’on leur attribue. Elles n’hésitent pas pour ce faire, à tenter de les nettoyer quelque peu, en les débarrassant notamment de leurs poux. Le Ramadhan : Le début du Ramadhan est annoncé la veille par un coup de canon. Chaque jour, la rupture du jeun est également annoncée par un coup de canon. Quiconque enfreint aux rigueurs du Ramadhan est possible de lynchage par la population. La dernière nuit du Ramadhan est célébrée au palais par une réception offerte aux notables par le Bey : repas, cafés, pâtisseries, accompagnés de musique. Le matin de l’Aïd el Fitr, après la prière, il est permis à tout un chacun de pénétrer au palais pour présenter ses voeux au Bey. Les visiteurs l’embrassent sur la tête ou sur l’épaule droite pour les voeux. Vers 9h du matin, le Bey monte sur sa jument richement harnachée, et sort de la ville suivi par les notables et la population en liesse. A noter que chaque fois que le Bey sort ou entre en ville, il est salué par sept tirs de canon. Sur l’esplanade, face à la ville, le Bey s’assoit sur un matelas, prend son café et sa pipe, et la fête commence. Le plus souvent, il s’agit de Fantasia. Les cavaliers en ligne déclenchent leurs fusils une fois arrivés à la hauteur du Bey. Après quoi, le Bey distribue des prix aux meilleurs cavaliers, et des cadeaux à ses fidèles serviteurs. Tout cela au son de la musique. Les enfants quant à eux peuvent prendre des jus de fruits (citron, orange) et des pâtisseries distribués gratuitement dans des tentes dressées par le Beylik. Des jeux et des balançoires sont montés à leur intention. La fête dure jusqu’à midi, après quoi chacun rentre chez soi pour le premier repas après le Ramadhan. Le Bey prononce des amnisties lors de ces fêtes qui durent trois jours. Lors des fêtes de l’Aïd El Adha, les mêmes cérémonies sont organisées, avec en plus le sacrifice du mouton, à raison d’un mouton par enfant mâle. Enfin, El Mouloud En Nabaoui constitue une grande fête, particulièrement pour les enfants. Toutes les écoles coraniques sont décorées avec des drapeaux et des fleurs. Les élèves arrosent les passants d’eau de rose ou de fleurs d’oranger, les obligeant ainsi à faire des dons. Santé publique : Pas de médecin au sens académique du terme. Seulement des guérisseurs, des Talebs, et les coiffeurs qui pratiquent la circoncision et des saignées. A noter toutefois, que les médecins français avaient été surpris par l’efficacité des bandages placés pour réduire les fractures. La circoncision était opérée avant l’âge de 8 ans. C’est le barbier qui la pratique avec un rasoir. Il applique, après l’intervention, du papier brûlé sur la plaie pour stopper l’hémorragie ; ensuite du beurre ou un autre corps gras pour cicatriser la plaie en 8 à 10 jours. Le prépuce détaché est enfoui au Mausolée de Sidi Rached. Les mariages : Pas de contacts directs entre les jeunes gens. De vieilles dames juives, sous prétexte de vendre des bijoux ou des tissus précieux, établissent des contacts entre les deux parties. Si la fille est consentante, le jeune homme s’adresse à son père pour fixer la dot. Celle-ci varie entre 75 et 100 Rials, avec en plus un cadeau en nature (bijoux, tissus). L’acte de mariage est dressé devant le Cadi en présence du futur époux, du père, et de deux témoins. Le Cadi perçoit un droit d’un Rial. Il arrive souvent que la dot soit scindée en deux : la moitié versée lors de l’acte de mariage, et l’autre moitié à terme après le mariage. Comme aujourd’hui, l’argent sert à acheter les effets dont la femme a besoin pour le mariage. Le jour du mariage, la mariée revêt une robe luxueuse brodée d’or, louée au Beylik qui en est propriétaire. La famille du mari se présente au domicile de la mariée munie de lanternes à huile, pour éclairer le cortège puisque cela se passe le soir. La mariée est hissée sur une monture, et le cortège se dirige vers le domicile de l’époux musique en tête. A la maison, chaque membre de la famille occupe une pièce au sortir de l’adolescence. Le lit se compose d’une doukana au fond de la pièce, sur laquelle on installe un matelas. Lever à l’aurore pour la première prière. Le matin, les enfants vont à l’école coranique, et les hommes à leur travail. Après la prière du Dhor, chacun rentre chez soi pour déjeuner, sans faire de sieste. On reprend le travail aussitôt. Les nouvelles sont échangées, dans les cafés, chez le coiffeur, et dans les bains maures. La vie se partage en deux zones : la maison, véritable sanctuaire où l’on se repose vraiment ; et le souk où l’on a une occupation. La nuit, on dort en laissant la lampe à huile allumée. Ameublement des maisons de riches : Faïences, boiseries, marbres etc... pour la décoration. Tapis, divans de satin, tenture de Damas, pour l’ameublement. Soie, brocard, drap d’or pour l’habillement des femmes. Linge fin et blanc pour l’homme. À chaque printemps, des vols de cigognes venant du sud se posent à Constantine, sur les toits des maisons. Ces cigognes sont respectées par la population. Il ne viendrait à l’idée de personne de leur faire du mal. Les cigognes repartent vers le sud dès la fin de l’été.
| < Précédent | Suivant > |
|---|


